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ONAT

Mot du Président

Honorables invités,

Les architectes réunis au sein de l’Ordre National des Architectes du Togo, et le Conseil Supérieur de l’Ordre sont très honorés et heureux de vous accueillir ici aujourd’hui, à l’occasion de la célébration de la semaine de l’architecte 2015, qui coïncide avec le jubilé d’argent de notre institution. Nous vous souhaitons très chaleureusement la bienvenue parmi nous, et vous remercions de tout cœur pour votre présence à nos côtés.

Mesdames, messieurs,

Il y a déjà vingt-cinq ans que la loi N° 90-02 relative à la profession d’architecte a été promulguée, consacrant la création de notre institution, et confirmant l’engagement du pays sur la voie d’une attention plus soutenue à l’amélioration de la qualité du cadre de vie de nos citoyens. Permettez-moi de rappeler que cette loi définit l’architecte comme « un artiste et un technicien exerçant une profession libérale. Dans les règles de son art, il compose les édifices et les espaces vécus, en détermine les proportions, la structure et la distribution, en dresse les plans, rédige les devis, coordonne l’exécution des travaux et contrôle la conformité dans l’exécution ». Elle précise également que « Nul ne peut exercer la profession d’architecte au Togo s’il n’est inscrit au Tableau de l’Ordre National des Architectes (O.N.A.T) ». Cette loi, de même que son décret d’application (N° 94-PMRT) constituent une véritable feuille de route pour les architectes que nous sommes, et consacrent le caractère d’intérêt public de l’architecture et protègent les citoyens sur la terre de nos aïeux. A l’heure où sonne le vingt cinquième gong de l’histoire de cet ordre, il convient de s’interroger sur le bilan de la profession, tant en ce qui concerne les merveilles réalisées, que les déboires connus.

En même temps que nous jetons un regard sur notre passé, nous devons partir de l’état actuel de notre institution pour mieux nous projeter sur l’avenir que nous voulons pour notre profession.

La profession d’architecte, ici comme partout ailleurs, se retrouve au centre du développement urbain et du développement du cadre de vie des populations. La création de l’ONAT est survenue comme pour consacrer la politique de grands travaux engagée par les plus hautes autorités d’alors. Rappelons que cette politique de grands travaux a vu naître plusieurs joyaux architecturaux qui marquent aujourd’hui encore le paysage urbain de notre pays.

Mais dès le premier anniversaire de la création de l’ONAT, notre pays est entré dans une période de turbulence qui aura duré presque deux décennies et qui mettra de facto entre parenthèse le dynamisme de notre profession. En effet, la situation socio-politique et les difficultés économiques qu’elle a engendrées n’ont pas permis aux architectes togolais d’exprimer leurs talents à travers des projets majeurs. Ainsi les architectes rentrés dans la vie active dans cette période n’ont pas pu connaître un bon début de carrière, ce qui a entraîné beaucoup d’expatriation au sein de notre corps. La gloire de l’architecture au Togo s’est conjuguée au passé. Beaucoup d’édifices qui faisaient la fierté de notre pays ont croupi sous le poids de l’âge. Il a fallu attendre la fin de la deuxième décennie pour qu’une nouvelle génération d’ouvrages commence à voir le jour.

Au Togo nous pouvons dénombrer trois générations d’architectes : ceux que nous appelons affectueusement et respectueusement « les anciens », la génération intermédiaire, et nos chers « jeunes ». Et je suis fier d’appartenir à la deuxième, de me nourrir de l’expérience et de la sagesse des anciens, et de m’alimenter de l’énergie, de la créativité et de l’espoir que dégagent les jeunes. Je tiens ici à remercier très sincèrement les anciens pour tout ce qu’ils ont donné à la profession et à la nation.

Quant à la profession, elle est sinistrée, et la création de l’ONAT n’a pas permis d’empêcher l’anarchie architecturale que nous connaissons aujourd’hui :

-       une grande partie des constructions qui sont érigées n’ont pas connu l’intervention d’un architecte,

-       la profession d’architecte est méconnue et confondue à des tâches de bas niveau

-       la profession est usurpée et les missions d’architectes sont souvent effectuées par des non architectes

-       les règles minimales de sécurité, d’esthétique et d’économie ne sont pas respectées,

-       l’implantation de constructions dans des zones non constructibles est légion,

-       l’insalubrité est galopante,

-       les autorités locales n’arrivent pas à faire respecter les règles relatives à l’autorisation de construire,

-       l’effondrement de plus en plus fréquent de bâtiments construits ou en construction entraîne la perte de vie humaines,

-       la qualité du cadre de vie se détériore,

-       les concours d’architecture, pourtant reconnus comme meilleure voie pour choisir la meilleure œuvre sont rares,

-       la profession souffre parfois de l’indélicatesse de certains de ses membres,

-       l’hypocrisie, la délation, le dénigrement et la concurrence déloyale, pourtant interdites par notre code déontologique, guident les actions de certains d’entre nous,

-       l’intérêt personnel a souvent pris le pas sur le respect de la profession et de l’intérêt collectif et national,

-       les luttes intestines ont freiné l’élan de notre développement et entravé notre fraternité et notre sens du devoir

 Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

La liste est si longue que la décliner de façon exhaustive ne nous permettra pas de partir d’ici tôt. On dit souvent que quand le bâtiment va, tout va. La qualité de l’aménagement du cadre de vie étant un baromètre capital dans l’appréciation de la santé physique et mentale des personnes, et de la santé économique d’un pays, il convient de se demander si le bâtiment peut aller s’il est mal pensé, ou si son concepteur va mal !

Mais face à ce tableau peu reluisant de la situation de la profession et des architectes au Togo, nous ne baissons pas les bras. Car les enjeux sont colossaux aujourd’hui dans un monde qui bouge à très grande vitesse. En effet, on peut noter ;

-       le contexte régional avec l’harmonisation des textes régissant la profession d’architecte dans l’espace communautaire UEMOA et la création de la Conférence des ordres des architectes, consacrant effectivement la libre circulation et le libre établissement des professionnels libéraux dans l’espace UEMOA,

-       les nouveaux défis de la transition énergétique avec son corollaire d’efficacité énergétique dans le bâtiment,

-       la promotion et la protection de l’environnement,

-       l’ouverture des marchés entraînant la fin des protectionnismes

-       la multiplicité des acteurs et la complexité des interventions

Voilà autant de données nouvelles qu’il nous faut maîtriser pour mieux les intégrer dans la démarche de projet. C’est pourquoi nous n’avons voulu seulement fêter les 25 ans de l’ONAT, mais en profiter pour induire un saut qualitatif dans l’acte de bâtir.

Ainsi, nous avons voulu d’une part restaurer le dialogue à la fois avec les structures en charge des marchés publics (ARMP, DNCMP, PRMPs) et les autres acteurs de la construction, à travers deux tables rondes, et d’autre part mettre au cœur de la profession les enjeux nouveaux, à travers deux conférences internationales.

C’est le lieu pour moi de témoigner toute ma reconnaissance à tous ceux qui ont rendu possible ces deux initiatives. De même, après le grand succès des deux tables rondes tenues hier ici même, Mesdames et Messieurs, je vous invite à prendre part aux deux conférences de ce jour avec des conférenciers principaux venus spécialement de Pékin et du Québec. A votre nom à tous, je leur dis un sincère merci.

L’architecte est un artiste et un technicien. En tant qu’artiste, il est un rêveur qui doit faire rêver, et qui doit veiller à ce que son rêve et celui de son client deviennent réalité, pour faire rêver d’autres. Une œuvre architecturale doit toujours susciter l’émerveillement, l’épanouissement, la plénitude, l’accomplissement, etc.

Aujourd’hui, après une génération d’architecture au Togo, je voudrais rêver.

-       Je rêve que les architectes togolais vivent dignement de leur profession avec la fierté de participer effectivement au développement du Togo,

-       Je rêve que les architectes togolais émergent et fassent la fierté du Togo, de la sous-région et de l’Afrique, à l’international

-       Je rêve d’une profession où les architectes sont regroupés dans de grandes structures professionnelles bien organisées et très performantes,

-       Je rêve d’un ONAT où les architectes conjuguent leurs compétences, mutualisent leurs moyens et accroissent leur compétitivité plutôt que des architectes individualistes qui vivent chacun caché dans son coin,

-       Je rêve d’un Ordre des Architectes où tout architecte exerçant au Togo est un citoyen véritable, partenaire du développement individuel et collectif,

-       Je rêve d’un Ordre des Architectes qui célèbre ses anciens, qui promeut la culture togolaise à travers sa créativité, qui modernise nos traditions séculaires de bâtisseurs plutôt que d’importer de l’extérieur de la modernité non adaptée à nos modes de vie et à nos valeurs

-       Je rêve d’un Ordre des Architectes qui accepte le rôle de chef d’orchestre qui lui est dévolu et qui s’engage résolument à le jouer pleinement dans l’unification des acteurs pour un meilleur essor du secteur

-       Je rêve d’un Ordre des Architectes qui bénéficie de la bienveillance divine pour que les démons qui l’ont divisé dans le passé ne se réveillent plus jamais.

BREF, JE REVE D’UN ONAT FRATERNEL, CITOYEN, PREFESSIONNEL ET VERITABLEMENT PRET POUR BATIR LA CITE TOGO CHERIE, L’OR DE L’HUMANITE.

 

La célébration de ce jubilé et de cette semaine de l’architecte est rendue possible grâce à l’appui du gouvernement, de partenaires et sponsors, et de tous les participants. Je tiens à remercier tous et chacun pour l’intérêt porté à la profession, pour leur soutien et leur appui.

J’appelle tous les acteurs du cadre de vie, autorités politiques et administratives, décideurs, urbanistes, architectes, ingénieurs, entrepreneurs, promoteurs et agents immobiliers, géomètres, notaires, de même que leurs collaborateurs, à travailler ensemble au service de l’intérêt national, pour un Togo mieux construit, plus fraternel, plus beau, plus confortable, plus vivable.

LONGUE VIE A L’ORDRE NATIONAL DES ARCHITECTES DU TOGO

VIVE LA PROFESSION D’ARCHITECTE

VIVE LE TOGO

 

 

 


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